"I only wanted to see you laughing in the purple rain"

"I only wanted to see you laughing in the purple rain"

Purple Rain est une pluie qui tombe sans qu'aucun nuage n'ai laissé prévoir son arrivée. De ses cordes violentes, elle ouvre une porte cachée où tout est en ordre, à sa place et pour longtemps. Purple Rain est silencieuse, et c'est sans un bruit qu'elle brise tout pour laisser un foutoir comparable à des cours de français mal rangés dans un trieur, à un appartement laissé trois jours à des ados en furie, à un poulailler ouvert à une horde de loups affamés, à la salle de bains d'une fille qu'on attend à une soirée...
Certaines choses sont perdues à jamais, enfouies sous les souvenirs imbibés d'eau d'une vie où tout était simple, parce-que tout était rangé, à sa place et pour longtemps. Et c'est alors qu'en essayant de faire le tri, d'autres apparaissent pour la première fois à nos yeux, alors qu'elles étaient là depuis toujours. C'est la découverte de ces choses-là qui fait qu'on sait qu'elle est passée ...
Purple Rain a changé quelque chose, et c'est lentement qu'elle l'a révélé, le gardant d'abord pour elle, comme un secret, puis le dévoilant petit à petit, si bien qu'ils n'ont rien vu.
La pluie violette ne ressemble à aucune autre parce-qu'au lieu de donner vie à la terre , elle donne vie aux pensées, ces petites choses qui poussent un peu partout derrière cette porte secrète, et qui grandissent, si épanouies et si violettes, recouvrant tout ce qui peut rappeler cette terre ancienne, pauvre en couleur.
Couleur rare, divine, inquiétante ou rassurante Elle me colle à la peau.





Pizza Skywalker
T'es mimi ma Juju'... mais c'est pas moi .

# Posté le samedi 14 juin 2008 07:14

Modifié le samedi 21 juin 2008 16:48

Victoire

Victoire
Tout sur cette Terre a une raison d'exister paraît-il. C'est vrai.


Les guêpes, par exemple, qui à première vue ne servent à rien, nourissent en fait les oiseaux et autres créatures vivantes qui ont assez de courage pour les approcher. On s'en passerait bien, certes, (n'est-ce pas Raphou?..), mais elles sont au moins là pour ça.
Il existe par contre une chose totalement inutile qui a le don de me faire perdre patience à moi et à tous ceux qui ont eu l'occasion de la cotoyer de près au moins une fois dans leur vie, c'est ... elle.
Je ne la nomme plus tant j'ai dû avoir affaire à elle dans ma vie.


Elle arrive sans qu'on s'y attende, qu'il pleuve ou qu'il fasse beau, qu'il fasse froid ou chaud. Et comme en plus d'aimer les surprises, elle est sadique, elle s'arrange pour débarquer quand l'année se termine et que j'ai eu le malheur de penser pendant un quart de seconde: "Demain, c'est ton dernier jour au lycée, profite-en.".
Dommage pour elle, je la connais trop bien pour ne pas la reconnaître immédiatement dès qu'une larme m'échappe sans que j'ai éprouvé un instant une émotion forte quelconque.
Mais il est déjà trop tard. Avec les années, même si ma technique de contre-attaque s'est nettement améliorée (à grande rasade d'huiles essentielles et de vaporisateur qui laisse une odeur si agréable dans la chambre), elle reste supérieure et c'est avec rage qu'à chaque fois, je suis contrainte d'annuler mes projets pour rester coincée dans ma chambre, nez-à-nez avec elle, qui s'acharne à me faire pleurer.
J'aurais dû me douter que la revanche serait terrible. Car si je me souviens bien, la dernière fois qu'elle avait tenté de m'attaquer (il y a deux ou trois mois environ), j'avais pris les choses en main instantanément et c'est sans scrupules que je l'avais envoyé sombrer au fond d'une poubelle.
Je reconnais ma défaite. J'aurais dû me méfier, et non pas penser que j'en avais fini avec elle au moins jusqu'à la fin de l'été.
Mais peu importe puisque aujourd'hui, au bout d'une semaine interminable de lunettes de soleil et de mouchoirs à portée de main, je peux enfin voir la lumière, dont elle m'avait privé pendant si longtemps. Je peux enfin rire sans m'étouffer, reconnaître le parfum de mon yaourt, entamer une discussion plus d'une minute d'affilée, dormir plus de trois heures de suite sans me réveiller avec l'impression atroce que je ne respire plus. Je peux sortir dehors!


Je t'ai vaincue, et c'est avec rage et fierté que j'écris ton nom, SINUSITE , toi qui va partager tout le reste de ma vie, prenant toujours un malin plaisir à me faire chier avec tes rendez-vous chez le médecin à la con et ton nasonex que je ne peux plus me voir, ni me sentir par la même occasion !

Pas à la prochaine ...

# Posté le dimanche 15 juin 2008 10:52

Modifié le dimanche 15 juin 2008 12:00

Liste

Liste

Ecouter mon mp3 dans la voiture, quand on part en vacances.


M'endormir en écoutant le tonnerre.


Prendre un fou rire.


Beuguer.


Philospoher avec mon père.


Regarder un film chialant, mais alors un film qui prend au tripes et qui fait que tu laches toutes les larmes de ton corps.


Regarder un film d'action avec un ou plusieurs acteurs supers mignons (jeunes et méchants si possible).


Jouer du piano.


Jouer de la guitare.


Manger un bagnat le vendredi devant le lycée avec Raphou.


L'italien à côté de Gala.


Le français à côté d'Alice.


Bronzer au bord de la piscine chez mon oncle, avec le mp3 dans les oreilles.


Jouer à Mario Kart sur la Game Cube avec ma soeur chez mon oncle, en écoutant la radio.


Fumer une cigarette en soirée.


Jouer du théâtre, quand des gens que je connais sont dans la salle, me surpasser pour qu'ils soient fiers.


Quand tout d'un coup, j'ai une poussée d'inspiration pour mon histoire et que j'écris, j'écris et quand je me relis, je suis contente de moi.


Dormir avec mon chat qui ronronne.


Acheter des fringues.


Aller à un concert.


Lire un livre qui me passionne.


Rouler en voiture (ou plutôt me laisser conduire (moi avec un volant?)).


Quand le printemps revient.


Le premier jour où il fait assez chaud pour se mettre en tee-shirt.


Marcher pieds-nus.


Prendre un bain tard le soir quand il n'y a personne dans l'appart et que c'est tout silencieux.


Etre toute seule chez moi.


Pouvoir écouter la musique à fond.


Rentrer d'une soirée tard, faire le moins de bruit possible en arrivant chez moi et me coucher d'un coup, avec le bruit des voix encore dans la tête.


Me coucher tôt, pour pouvoir écouter longtemps mon mp3.


Prendre part à une discussion philosophique.


Recevoir un coup de téléphone de mon père, à 22h00, parler avec lui et me rendre compte qu'on est exactement pareils tous les deux et qu'il est la personne qui me comprend le plus et que je suis la seule à comprendre entièrement.


Commencer à midi.


Me promener, sans savoir vraiment à l'avance où je vais.


Eprouver un sentiment de bonheur tel que j'ai envie de sauter, de crier, de rire, et que je fais tout ça en même temps, en essayant de me retenir.


Regarder le ciel.


Sentir l'odeur du chlore, après la piscine.


Faire 200 longeurs (de 8 mètres) et me sentir super fière de moi, et me dire que j'ai perdu assez de calories pour m'empifrer une semaine entière.


Me sentir d'humeur sportive (et dieu sait que c'est rare) .

Regarder des gens heureux autour de moi.


Regarder * .


Mr B. .


Arriver à 16h00 le mardi devant la salle d'italien et apprendre qu'en fait, la prof est pas là et finir deux heures plus tôt.


Etre assise devant le lycée, beau temps, Mr. Freeze, clope, plein de gens, trois heures de perm ...


Le camping à trois dans la Drôme et les kékés des plages qui viennent t'aborder autour d'un baby-foot.


Regarder les étoiles filantes lors de la "nuit des étoiles filantes", sur les berges de la Drôme, où sur le capot de la voiture des parents de Suzy (non, en fait, je rangeais la tente pendant ce temps-là...)


Etre défoncée.


Me réveiller en pleine nuit et me rendre compte qu'il me reste encore deux ou trois heures à dormir.


Jouer avec mon chat et m'y croire pour de vrai, sous l'oeil désespérée de la mère.


Aller au resto avec mon groupe théâtre, passer la soirée à réfléchir à des énigmes à la con : "Une poule traverse la route, pourquoi?", "y'a un lac gelé, de l'autre côté, y'a un arbre avec des pommes. Tu veux aller cueillir une pomme, comment tu fais?".


Parler avec mon père de mes problèmes et me sentir écoutée, comprise et conseillée. Raccrocher en étant mieux.


Jouer Hallelujah à la guitare devant mon père, qui m'écoute avec attention, me sentir importante.



Aller sur internet à une heure du matin.


Découvrir une chanson super.


Découvrir un groupe super (plus rare).


Emmener mon chat chez mes grands-parents, à la campagne et être heureuse à sa place quand il saute enfin de la voiture après deux heures de route et qu'il gambade de partout, tout content d'être à l'air libre.


Manger un gâteau aux framboises.


Me lever le matin, creuvée, et me rendre compte qu'il reste du gâteau au yaourt de la veille. Me sentir tout d'un coup complètement réveillée.


Etre au bord de la mer, sentir l'odeur du sel, avoir du sable mouillé de partout mais c'est pas grave, écouter le vent.


Penser que plus tard, je réussirais ma vie et que ce sera ma revanche sur ma mère, qui m'aura fait ch*er avec ça toute ma scolarité.


Penser que plus tard, j'aurais des enfants et que je ne les élèverais certainement pas comme ma mère.


Penser que un jour, j'aurai un chien.


Trouver un billet de cinq euros par terre (si, si, je vous assure!) , juste quand je suis en train de me dire: "C'est la dèche en ce moment...".


Aller chez mon oncle, à Neuville, quand il nous laisse la maison l'été, quand on peut se baigner quand on veut, quand on peut se la croire "petite famille parfaite et pêtée de tune", allongées sur le transat', avec les lunettes de soleil et les petits gâteaux sur la petite table en plastique, avec Ugo (le labrador) qui joue avec ma soeur, les framboises qu'on peut cueillir à même le framboisier sans se lever de sa chaise, les oiseaux qui font cui-cui et le soleil qui brille.


Pleurer en écoutant une chanson, simplement parce-qu'elle est belle.


Aller faire du ski avec Suzy et me rendre compte avec bonheur qu'elle est aussi nulle que moi (je t'aime mon sushi) . Inventer une pure fiction sur le trajet du retour.


Recevoir des compliments sincères.


Jouer du piano à une audition, et être surprise quand une dame de la salle que je ne connais absolument pas vient me féliciter, un large sourire aux lèvres, et me dire que j'ai rendu une personne heureuse, ce soir-là.


Danser, toute seule dans ma chambre.


Prendre part à une bataille de farine et de mousse à raser devant le lycée.


Quand je dors chez Suzy, les discussions existentielles qu'on peut sortir à 3h du mat', et les histoires rocambolesques qu'on peut inventer ...


Quand ma soeur a des élans de générosité et qu'elle me donne six clopes d'elle-même, sans que je lui ai rien demandé ...


Me sentir libre.


Me sentir belle.


Etre en bonne santé.


Avoir re internet après 8 mois de coupure de ligne.


Partir en vacances avec une amie.


Me dire que plus tard, je visiterai pleins de pays et que j'irai plus loin que le maximum jusqu'à présent : la Pologne (nazewam çie Alice)


Le sentiment d'adrénaline.


Me déguiser.


Quand Juliette m'appelle "Ma chuchu" .

Sortir de la salle de BAC et ressentir un sentiment de soulagement tel que la seule chose que tu peux dire, c'est : "Ffffffff", avec un large sourire niais.

Entrer à Pimkie et essayer une robe flashy trop moche avec Suzy (et constater tristement que c'est la seule de toutes celles que j'ai essayé avant qui me va ...). Se prendre en photo dans les cabines d'essayage.

Ecouter McFly.

Ecouter Coldplay.

Me battre avec mon chat.

Me faire réveiller par mon chat.

Lire mon sujet de Bac et me rendre compte que je suis capable de le faire.

Aller me baigner chez Suzy.

Quand Daniel le fantôme est chez moi.

Les petites compotes pomme / fraise.

Ecouter Lifehouse.

Me prendre pour une naturiste avec ma soeur. (une naturiste qui garde son bas de maillot, je précise ...)

La série "Lost".

Me prendre pour une loque. ( j'y arrive très bien...)

Revoir mon Sushi après plus d'une semaine.

Rencontrer de nouvelles personnes.

Me retrouver confrontée à des évènements surnaturels.

Mes spectacles de théâtre.







...

# Posté le dimanche 15 juin 2008 12:19

Modifié le vendredi 24 octobre 2008 07:24

*-* Donne Mois Du Soleil *-*

*-* Donne Mois Du Soleil *-*

C'est alors qu'elle revoit devant elle les petits palmiers, les petits hamacs et les petits soleils dessinés sur les feuilles d'histoire, en même temps que la table d'espagnol vogue au rythme des vagues. Elle joue à Colin-Mayard, mais il n'y a plus personne dans la piscine. La shisha est au centre de la table, toute petite et rouge. Elle est tout d'un coup attrapée par les pieds et les bras et jetée habillée dans l'eau. Devant elle, Antony termine sa phrase dans la piscine.
Soudain, elle se retrouve à Fréjus, avec le Carré et le Sushi, un peu dans le passé et un peu dans le futur. Les coffres sont prêts... Et le ski nautique ne lui réussit pas, dans une mer pleine de méduses. Le bateau de fortune menace de s'écraser contre les rochers et Sébastien lui hurle en riant qu'ils vont mourir. Les étalages débordent de bijoux, de senteurs et de couleurs et elle ne sait plus ou donner de la tête. Elle regarde tristement son porte-monnaie. Accrochée d'une main à la corde, de l'autre à a rembarde métallique, elle voit la mer défiler devant elle à grande vitesse, et les seuls bruits qu'elle entend ne sont plus que les vagues, le vent et le moteur. Et la liberté. Le soleil fait mal, autant qu'il rassure et endort. Dans un grognement, elle se retourne difficilement sur le dos. Arrivées à la bouée, elle se rend alors compte que le matelas est percé et se dégonfle, rapidement . Le Carré est plié de rire, Claire hurle qu'on la tienne, qu'on ne la laisse pas couler, toute seule. Les cheveux sentent le sel, les doigts sont pleins de sable et elle attrape machinalement un petit Lu dans le sac. Sébastien lui apprend à se servir d'un pistolet à plomb, non sans apréhension.
La lumière d'un feu de camp éclaire la nuit, et elle ne comprend rien à ce qu'ils disent. Suzy s'entraîne au langage des signes. Jesus descend de son nuage et vient leur interprêter un morceau de guitare, à la lumière des étoiles. Elles l'avait pris pour un violeur. Jackie ne laisse pas passer le canoë, et Jackou est rempli de petits, que ses jets amusent. Elle prend son élan et plonge dans l'eau turquoise et elle se rappelle à ce moment-là pourquoi elle s'était jurée de ne plus tenter ce genre de choses en deux pièces. Elle répond à des tests de vacances pour passer le temps.
Elle ne se préoccupe ni de l'heure, ni du jour. Elle a décidé de faire du sport et cette bonne initiative dure quinze jours. Les guêpes volent autour des framboises. Elle les évite. Suzy a peur du chien, mais elle n'hésite pas à lui courir après pour récupérer sa serviette. Elle repêche un lézard perdu au milieu de la piscine et lui fait un massage cardiaque dans l'espoir de le faire revenir à la vie. Il y a du monde, toujours du monde et il n'y a pas d'heure pour manger, pour se baigner, pour bronzer. La seule question qui l'obsède, c'est de se demander ce qu'elle fera dans deux heures, pour occuper le temps.
Elle pourrait presque sentir le vent, son bruit, son odeur, mais il n'y a rien de tout ça.
Parce-qu'elle est assise sur une chaise, le regard vague et que la surveillante lui donne en souriant le sujet qui va l'occuper pendant une heure et demie.
Elle passe son Bac et il y a un an, elle était déjà en vacances...




Fini les maths, fini les chiffres, les nombres, les pourcentages, les calculs, les calculatrices et les points alignés ...

# Posté le lundi 16 juin 2008 12:12

Modifié le mercredi 25 juin 2008 09:23

Au dessus des villes

La fenêtre est sale. Le temps incertain. Par dessus les toits, tu regardes. Les cheminées crachent leur noirceur. Le bruit des moteurs, les odeurs, la peur.
Une bulle passe devant les carreaux. Elle s'arrête, suspendue dans l'air pollué. Si légère, si transparente, si fragile. En son coeur défilent des images, des visages, des paysages en couleur. Alors tu ouvres la fenêtre, pour la retenir, pour t'accrocher à cette bouffée d'oxygène. Mais elle s'est éloigné précipitemment, de peur que tu ne brises son rêve. Tu la suis du regard, par dessus le carrefour aux voitures.
Tu ne sens plus le vent parce-qu'il n'existe plus, ici. Je vais te le montrer, si tu me suis. Le voyage s'arrêtera lorsque tu le désireras.
Laisse la fenêtre grande ouverte. Ne t'en approche pas. Ferme les yeux. Oublie le bruit, oublie les sirènes. N'aie en tête que l'obscurité infinie qui s'offre à toi, ne visualise que la couleur noir et laisse-la t'envahir, progressivement. Devient toi-même de la couleur noir, pour ne faire qu'un avec elle, car elle va absorber le temps du voyage tout le poids indésirable de ta vie. Cela peut prendre un certain temps, mais n'oublie pas, plus tu seras léger, plus tu pourras voler vite et haut. Tu gardes toujours les yeux fermés.
Soudain, tu le sens enfin. Le vent, qui glisse sur tes joues, sur tes ailes. Tu ne peux pas encore ouvrir les yeux. Mais il n'y a plus de sol. Tout est si léger. Si clair, derrière les paupières. Tu ne sens plus tes doigts, tu n'en as jamais eu de doigts. Tu ne sais pas ce que c'est. Tu ouvres les yeux.



*


Le bleu, le blanc des nuages.
La lumière t'illumines, tes petits yeux noirs regardent le sol.
Il est loin en bas.
De hautes choses grises de formes identiques se hissent vers les nuages mais tu ignores ce que c'est.
Plus haut, toujours plus haut, par dessus un nuage, puis un deuxième, tu coures vers un point invisible, loin devant toi.
Le vide t'entoures, tu es au centre de tout.
Petite chose inaccessible et rapide, tu ne te soucie pas du reste.
L'important est de voler, toujours voler, toujours sentir l'air, son souffle qui te tiens en vie, tu as envie de te reposer sur lui mais tu pourrais tomber.
Alors tu tombes.

Tu tombes, dans une chute sans fin, sans chercher à retenir ton frêle corps qui perd de l'altitude à toute vitesse.
Il la dévale, l'altitude, rejoint l'apesanteur, de laquelle tu t'étais tant éloigné.
Tu vois le bleu, sous toi.
Mais celui-ci est plus foncé, aux teintes changeantes.
Tu traverse la surface tel une fusée, et tu descends, descend encore.
Tu avales de l'eau salée, mais peut importe puisque tu peux respirer.
Tu peux ouvrir les yeux, ça ne pique pas.
Des bulles, tout autour de toi.
Elles te suivent, où que tu ailles.
Explorer les récifs colorés et le sable fin des fons marins.
Il a la couleur de la lune, et tu t'allonges dessus.
La surface est loin, si loin au dessus de toi, l'eau est clair, tu reconnais la lumière du soleil qui éclaire jusqu'ici ce monde silencieux et magique.
Des bancs de poissons t'emportent, te font visiter les océans de la Terre, et tu ne crains rien .
Au dessus de toi, une créature immense passe tranquillement, en émettant un chant aigu et mystérieux.
Tu la suis le temps de savoir où tu veux aller, à présent.
Tu ne sais pas combien de temps tu as passé au fond des mers mais il est temps de sortir, de s'échapper.
La surface revient, elle est là et tu la transperce, propulsé par une force que tu ne métrises pas.
Tu es force.
Tu viens toucher du doigt le sommet de la Tour Effeil et personne ne te vois.
Tu n'existe pas pour eux.
Tu n'es que rêve...
Les montagnes ne sont pas si loin.
Tu les atteind, effleurant les neiges des hauts glaciers.
Le chant des aigles résonne contre les parois et le soleil n'est pas loin de se coucher.
Tu dévales les pentes, bruyante et impressionnante.
Ta force détruit tout sur ton passage, et tu laisses échapper de toi toute la violence et la cruauté dont tu es capable.
Tu glisses, blanche immaculée, et avant l'impact, tu as déjà regagné le ciel.
Tu t'engouffres alors parmi les branches des arbres, leurs feuillage vert clair, leur fleurs fushia et leur racines.
Tu goûtes à leurs fruits, tu te reposes dans la tranquilité d'une clairière et tu repars, survolant les champs, survolant les villes, survolant, les déserts arides où le soleil t'assomes et les plaines glaciales de l'Antarctique où le froid te paralise.

Il est déjà tard.
La ville va s'endormir tout doucement.
Tu glisses parmi les foules, parmi les voitures, les tramways et les bus.
Les rues n'ont plus de secret pour toi.
Une petite fille joue dans un parc.
Tu la frôles de trop près.
Elle t'as emprisonné dans sa bulle et c'est avec un sourire qu'elle te regardes t'envoler.
C'est la fin du rêve.
Tu te laisses porter au gré du vent, tu as peur de te creuver.
Mais tout peut recommencer, si tu le souhaite.
Ta fenêtre est restée ouverte, tu la regagnes.
Petite bulle de couleur, tu as apporté dans ta journée la brise de fraîcheur que tu attendais.
Et ton corps te semble moins lourd.
Tu ouvres les yeux.





Je t'ai montré plusieurs fois mon nom. Liberté. Je te chanterai le bruit des vagues qui s'écrasent contre les rochers, je te murmurerais le bruissement des feuilles dans les arbres, je te soufflerai le vent qui dérange une mèche de tes cheveux. Je t'emmenerai au dessus des villes, si tu gardes la fenêtre ouverte ...
Au dessus des villes

# Posté le jeudi 19 juin 2008 08:05

Modifié le mardi 24 juin 2008 05:11